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Le Marathon de Paris, quel pied

Du soleil, de l’ambiance, environ 45.000 personnes au départ ayant le même objectif, arriver à bout des 42.195km de la 40ième édition du Schneider Electric Marathon de Paris 2016…. franchement, pour un premier, c’était le pied total ^^

retour sur l’entrainement pour le Marathon de Paris

Petit bilan sur cette première grosse sortie et mon premier gros véritable challenge de coureur !

Mon plan d’entrainement a commencé fin décembre, début janvier et j’ai utilisé pour cela l’outil proposé par Asics « My Asics » qui m’avait déjà permis d’atteindre mon objectif de 21km lors de la seconde édition de la Wings for Life en 2015, c’est donc sans appréhensions que j’ai réutilisé ce programme.

L’objectif(s) que je m’étais fixé au marathon était :

  1. de prendre un max de plaisir, courir sans souffrir,
  2. de venir à bout des 42.195km,
  3. d’essayer de le faire en 4h00

My Asics m’a conçu un programme d’entraînement du marathon complet avec un objectif de 5:40 du Km, 3 sorties programmée par semaine et une monté crescendo en puissance tout au long des 3 mois de préparation.

Dans ce programme, pas de séance de fractionné, mais juste différentes distances à différentes allures tout au long de la semaine, avec 4 sortie longue fin du mois 2 et début du 3, durant lesquelles, lors de la sortie de 32km, j’ai eu de sacrés doutes sur mon état de forme et mon objectif. En effet je suis revenu épuisé et complètement cassé de cette sortie… Mais après analyse, il s’est avéré que :

  1. mon parcours était trop cassant, pratiquement 500m de dénivelé positif
  2. mon alimentation durant la course n’était pas du tout optimisé (pas assez d’énergie, ni assez d’eau)
  3. trop couvert, et donc une déshydratation accélérée.
  4. des crampes sur les 3 derniers kilomètres (déshydratation?!)…

Bref, ça m’a mis un sacré coup au moral, mais je n’ai rien voulu lâcher et continué à m’entraîner comme le plan me l’indiquait.

Et les séances s’enchaînent, ça passe très vite, trop vite ^^

Pour ce marathon, je l’ai couru avec mon pote Vincent, nous avions fait en septembre dernier la noctambule à Courbevoie, et nous nous étions bien amusés, et le Marathon était un peu notre projet fou pour ce début d’année 2016 !

Bon, pour le coup, Vincent n’était pas trop préparé, il avait enchaîné deux excellents temps sur le premier semi marathon de l’année 2016 (cernay en 1h46) et le semi de Paris en 1h43, mais sans vraiment suivre de plan d’entrainement du fait de ses emplois du temps professionnels et personnels.

Bref, de toute manière nous allions être vite fixés ^^

Jour J – le marathon de Paris

Dimanche matin au réveil, qui a sonné à 7h00, (merci d’ailleurs à ASO pour nous avoir envoyé un vieux SMS à 6h00 du matin pour nous indiquer que nous étions 56999 inscrits à participer au marathon…) le ciel était sans nuage, prémisse de bon augure sur le déroulement de cette superbe journée (alors que la veille il faisait un temps pourri)

Un petit déjeuner de champion, 2 cafés, préparation des gourdes, dernière vérification du paquetage, étude de la météo, les 100 pas dans l’appartement, se répéter les mantras pour se rassurer, et merci à Caro de m’avoir tenu compagnie avant mon départ de l’appartement ^^

Ça y est, le sac sur le dos, je referme la porte de la maison et je descends les 4 étages sans prendre l’ascenseur, courir 42.195 km et prendre l’ascenseur, c’est un peu contradictoire… :)  mes jambes ne sont plus à ça prêt… ^^

Je me dirige vers le métro, « Esplanade de la défense », là où je dois rejoindre mon comparse de course qui arrive dans 9 stations !! (était provincial, je n’avais pas la notion du temps que ça représentait, il va falloir que je vienne m’entraîner plus souvent sur Paris ;)

Pendant que j’attends Vincent, j’aperçois d’autres personnes qui vont également fouler les macadam parisien, peut être que nous nous recroiserons, les sourires sont chaleureux et même si nous n’échangeons pas un mot, nos encouragements sous-entendus sont sincères, dans quelques heures nous partagerons la même joie d’y être arrivé !

Nous arrivons à Etoile, il est temps de descendre, nous nous melons à la foule de participants, chacun portant son sac vert Schneider, pour rejoindre la consigne afin d’y déposer nos affaires, il nous reste peu de temps pour rentrer dans le SAS de 4h qui ferme à 9h25 pour un départ à 9h40.

Nous sommes enfin rentré dans notre SAS et nous nous dirigeons vers le départ, il est 9h presque 40 et il va être temps de partir… Nous sommes arrivés tardivement dans ce sas du fait du renforcement de la sécurité suite aux dramatiques tragédie de ces derniers mois…

Et nous passons enfin le portique annonçant le début d’une jolie ballade parisienne de 42.195 km.

les 42.195 km du marathon de Paris

Et c’est parti, les jambes commencent à avancer, nous partons un peu plus lentement que prévu, mais l’idée première c’est d’arriver au bout, nous décidons d’en garder sous le pied pour la suite !

L’euphorie est palpable, quelques coureurs en costume, dont un avec un masque de loup garou (le pauvre, ça doit vite devenir irrespirable ^^) et nous enchaînons !

La première partie du parcours se déroule sans encombre et nous arrivons à la distance du semi (21km) après un temps de course de 2h04’30 » sans grande difficultés, et nous continuons.

Vincent qui n’a jamais été plus loin que cette distance est content et jusque là tout va pour le mieux, cardio, jambes et motivation ne nous ont pas abandonnés.

Enfin, pour ma part, j’ai eu une phase de doute aux alentours du kilomètre 15, en effet, je commençais à ressentir une gène au niveau extérieur du genou droit… un moment j’ai cru au retour du syndrome de l’essuie glace que j’avais eu lorsque j’ai commencé à courir début 2015 mais que j’avais soigné en changeant de chaussure et en adoptant des semelles orthopédiques… que forcement je n’avais pas mis pour ce marathon de Paris et pour couronner le tout, je courrais avec une nouvelle paire de chaussures encore en rodage… (Kalenji Kiprun LD)

Et puis je me suis forcé à me concentrer sur le parcours, j’ai essayé de modifier également mes appuis et puis la sensation de gêne a disparu…

Jusqu’au 25ième Km, nous sommes des métronomes, chaque distance de 5km est réalisée en 30minutes.

De 25 à 30, nous prenons 8 minutes sur nos 30 minutes habituelles, les crampes commencent à se faire sentir pour Vincent, nous sommes obligés de ralentir à partir du kilomètre 30 et au kilomètre 32, les crampes continuent et il me dit d’y aller, que je dois finir sans lui et qu’on se rejoint sur la ligne d’arrivée car il doit laisser passer les crampes et que ça va me ralentir.

Je l’abandonne à regret en lui souhaitant bon courage et en espérant qu’il puisse terminer l’aventure dans de bonnes conditions.

Et là, je monte le son de mon casque et je me met à voler (je risque peut être de me faire disqualifier par le nouvel article de la FFA interdisant l’aide de stimulant auditif… (#bullshit)), je ne ressent aucune gêne, mes jambes sont au taquet, je déroule frais comme si je venais de prendre le départ, je ne sais pas si ça va durer longtemps, mais je savoure cet état de grâce durant lequel mon esprit et mon corps ne font qu’un… et je rejoue ce morceau au moins pendant deux bons kilomètres, je suis invincible \m/

Mais les bonnes choses ont une fin, il est temps de boucler ces deux derniers kilomètres qui me séparent de l’arrivée, la délivrance ;)

Les deux derniers kilomètres du Marathon de Paris

C’est super frustrant arrivé à cette distance de voir que ta montre affiche 40.5 km et que tu n’as toujours pas passé le portique officiel du 40ième kilomètre… il faut tenir, ça commence à devenir dur, vite un ravito, il faut qu’il y a ait un ravito bientôt sinon je pense que ça risque de devenir difficile, la chaleur n’aidant pas, je ressent le besoin de boire (ce qui n’est jamais bon signe)…

Je le vois, je saisis 2 bouteilles, un morceau de sucre, c’est reparti

J’espère pouvoir arriver au km 41 qui comporte un portique spécial qui permet de prendre une photo pour l’afficher sur #fb (j’avais mis en mode privé, au cas où), je reprend le dessus quand je l’aperçoit, et je m’arrange pour exprimer toute ma rage et ma fierté à passer au moins ce foutu 41ième et je suis content de moi en espérant que la photo sera réussie !

Reste plus qu’un petit km et 195m….

On arrive sur la bas de l’avenue Foch, la foule nous encourage, nous insuffle l’énergie de parcourir les derniers mètres nous permettant de rentrer dans la famille des Marathoniens…

Dans le dernier virage, des personnes en civil portent secours à un coureur dont l’organisme n’a pas réussi à tenir jusqu’au bout, j’étais peiné pour lui d’être arrivé si loin et de devoir échouer devant si peu… mais c’est la règle du jeu… j’espère qu’il va bien aujourd’hui et qu’il aura sa revanche !

Mais je continue, et je vois désormais la ligne, qui se rapproche, un dernier banc de photographe est là pour immortaliser l’occasion et le portique vert est devant, je lève les bras en signe de victoire et ça y est… déjà fini… ?! je suis marathonien ^^

Pour finir

Je marche, un peu hagart, réalisant peu à peu ce qu’il vient de se passer et qui s’est déjà terminé, déjà en train de penser au prochain challenge…

On verra l’année prochaine pour passer sous la barre des 4h, ce qui à mon avis est largement jouable, histoire de souffrir un peu plus ;)

Et Vincent ?! J’espère qu’il va bien, j’essaie de l’appeler mais les antennes sont saturées, c’est difficile de joindre ses proches, je lui laisse un message, j’espère que ses crampes sont passées et qu’il a pu avancer.

J’appelle Éléonore, enfin j’essaie, ça ne passe toujours pas via le réseau mobile traditionnel, mais ça passe avec Whatsapp, du coup on parle 2 – 3 minutes, elle me dit que Vincent est en route et vient de passer le km 40, et j’ai ma fille au téléphone qui me dit qu’elle est fier de son papa :), j’espère qu’un jour j’aurais la joie de partager un moment comme celui là avec elle (elle commence à courir un peu et semble apprécier, on verra bien).

Je récupère le tee-shirt de finisher, très vert flashy et la médaille :) et je remonte tranquillement vers le stand Schneider Electric pour récupérer mon sac.

Bizarrement, je n’ai pas spécialement faim, peut être que le morceau de sucre avalé tous les 5 km y est pour quelque chose, mais je m’attendais à être plus affamé que ça sur l’arrivée, ce qui ne m’empêche pas de profiter du buffet offert par Schneider sur leur stand.

Et ça y est Vincent vient de passer l’arrivée, c’est cool, nous l’avons fait !? :) Il me rejoint, on se congratule, on se raconte nos derniers kilomètres et on savoure.

Et on finit par la traditionnelle binouze de l’arrivée !

Bref, le marathon de Paris, c’était le pied, vivement l’année prochaine

@vincent, tu remercieras encore ton beau-frère pour l’invitation ;)

 

2 réponses
  1. Momo
    Momo dit :

    A lire ton article, ça me donne presque envie de me mettre à courir! Et pourtant tu connais mon amour pour la course à pied :)
    En tout cas, GG! Moi aussi je suis fière de toi!!

    Répondre

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